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Courbe B, C ou D : quel disjoncteur choisir ?

Courbe B, C ou D : quel disjoncteur choisir ?

Lorsqu’on choisit un disjoncteur, il ne suffit pas de regarder son calibre — 10A, 16A, 20A, 32A…. Il faut également tenir compte de sa courbe de déclenchement.

Les plus courantes sont les courbes B, C et D. Elles indiquent la manière dont le disjoncteur réagit face à une forte surintensité instantanée. Autrement dit, deux disjoncteurs de 20A peuvent avoir le même calibre mais ne pas déclencher de la même manière si l’un est en courbe B, l’autre en courbe C ou D.

La courbe C est la plus courante dans les installations domestiques. Les courbes B et D répondent à des besoins plus spécifiques.

À quoi correspond la courbe d’un disjoncteur ?

Un disjoncteur assure principalement deux protections :

une protection contre les surcharges ;

une protection contre les courts-circuits.

Sa courbe caractérise notamment le seuil de fonctionnement de son déclenchement magnétique, qui intervient lors d’une forte surintensité.

Legrand indique les plages suivantes pour les courbes courantes :

CourbeSeuil magnétique indicatif

B3 à 5 × In

C5 à 10 × In

D10 à 14 × In, avec des valeurs pouvant aller jusqu’à 20 × In selon les normes et appareils

In correspond au courant nominal du disjoncteur.

Ainsi, un disjoncteur courbe D accepte une pointe de courant instantanée plus importante avant son déclenchement magnétique qu’un disjoncteur courbe B.

Que signifie C16, C20 ou D20 ?

La lettre placée devant le calibre indique la courbe.

Par exemple :

C16 = courbe C, calibre 16A

C20 = courbe C, calibre 20A

B16 = courbe B, calibre 16A

D20 = courbe D, calibre 20A

La lettre et le nombre indiquent donc deux caractéristiques différentes.

Le calibre détermine notamment le courant nominal de l’appareil, tandis que la courbe caractérise son comportement face aux surintensités importantes.

Courbe C : la plus courante en habitation

Dans une installation électrique résidentielle, la courbe C est de loin la plus fréquente.

Elle convient à de nombreux circuits usuels, notamment :

prises de courant ;

éclairage ;

appareils électroménagers ;

circuits spécialisés courants.

Legrand indique que la courbe C couvre la très grande majorité des besoins domestiques.

Dans un tableau électrique d’habitation, on rencontre donc très souvent :

C10

C16

C20

C32

Par exemple :

C16 → circuit d’éclairage ou autre circuit adapté

C20 → circuit de prises ou circuit spécialisé selon sa conception

C32 → circuit plaques de cuisson dans une configuration résidentielle courante

Le choix du calibre doit toujours rester compatible avec la section des conducteurs et l’usage du circuit.

Comment fonctionne une courbe C ?

Pour une courbe C, le seuil de déclenchement magnétique se situe généralement entre :

5 et 10 fois le courant nominal In

Prenons un disjoncteur C20.

Son déclenchement magnétique intervient dans une plage correspondant à plusieurs fois son courant nominal.

Cela permet notamment de tolérer certaines pointes momentanées de courant qui peuvent apparaître au démarrage d’appareils tout en assurant la protection contre les courts-circuits.

Il ne faut cependant pas utiliser ces valeurs pour dimensionner seul un circuit : le choix du disjoncteur dépend également de l’installation et des prescriptions applicables.

Courbe B : quand l’utiliser ?

La courbe B possède un seuil magnétique plus bas que la courbe C.

Son seuil est généralement situé autour de :

3 à 5 fois In

Elle déclenche donc plus rapidement en présence d’une augmentation importante du courant.

Elle est notamment utilisée dans certaines applications où les appels de courant au démarrage sont faibles ou lorsque les caractéristiques du réseau et de la charge justifient ce type de protection.

Legrand cite notamment des applications telles que l’éclairage public pour certains modèles courbe B.

Dans une installation domestique classique, elle est toutefois beaucoup moins fréquente que la courbe C.

Courbe D : pour les forts courants de démarrage

La courbe D est conçue pour accepter des pointes de courant plus importantes avant le déclenchement magnétique.

Son seuil est plus élevé que celui d’une courbe C.

On l’utilise notamment pour certains équipements ayant un fort courant d’appel au démarrage, par exemple :

moteurs ;

pompes ;

certaines machines-outils ;

certains transformateurs ;

équipements présentant des appels de courant élevés.

Legrand indique notamment que la courbe D peut être adaptée à certains moteurs ou équipements dont le courant de démarrage est nettement supérieur au courant nominal.

Pourquoi un moteur peut-il nécessiter une courbe D ?

Lorsqu’un moteur démarre, il peut absorber pendant une courte durée un courant beaucoup plus important que celui qu’il consomme ensuite en fonctionnement normal.

Avec une courbe trop sensible à cette pointe, le disjoncteur pourrait déclencher alors qu’aucun défaut réel n’est présent.

Une courbe D peut permettre de supporter cette pointe de démarrage tout en conservant la protection du circuit.

Attention toutefois :

On ne remplace pas automatiquement un disjoncteur courbe C par un courbe D parce qu’un moteur fait déclencher le circuit.

Il faut vérifier :

le courant de démarrage de l’équipement ;

le courant de court-circuit disponible ;

la longueur et la section de la ligne ;

les caractéristiques du disjoncteur ;

les prescriptions du fabricant de la machine ;

les conditions de coupure exigées.

Le choix d’une courbe D nécessite donc souvent une étude plus précise.

Courbe B ou C : quelle différence ?

La différence principale est le seuil de déclenchement magnétique.

Courbe B

Déclenchement magnétique plus bas : 3 à 5 × In.

Courbe C

Déclenchement magnétique généralement entre 5 et 10 × In.

La courbe C tolère donc une pointe de courant plus importante.

Pour les usages courants d’un logement, c’est généralement la courbe C qui est retenue.

Courbe C ou D : quelle différence ?

La courbe D accepte une pointe de courant encore plus importante que la courbe C avant son déclenchement magnétique.

On peut résumer ainsi :

Courbe C → usages généraux

Courbe D → équipements avec courant d’appel important

Par exemple, un moteur ou une machine peut provoquer une pointe brève lors de son démarrage. Une courbe D peut être adaptée si cette caractéristique est prévue dans le dimensionnement du circuit.

Une courbe D protège-t-elle mieux qu’une courbe C ?

Non.

Un disjoncteur courbe D n’est pas « meilleur » qu’un courbe C.

Il est simplement conçu pour un comportement différent.

Installer une courbe D là où une courbe C est adaptée peut au contraire être problématique si les conditions nécessaires au déclenchement rapide en cas de court-circuit ne sont pas garanties.

La bonne question n’est donc pas :

« Quelle courbe est la plus puissante ? »

mais :

« Quelle courbe correspond aux caractéristiques de mon circuit et de l’équipement alimenté ? »

Peut-on remplacer un C16 par un D16 ?

Pas sans étude.

Même si les deux appareils ont un calibre de 16A, leur déclenchement magnétique est différent.

Passer d’un C16 à un D16 peut modifier le comportement de la protection en cas de court-circuit.

Avant une telle modification, il faut notamment vérifier que le courant de défaut disponible permettra toujours au disjoncteur de déclencher suffisamment rapidement.

Il ne faut donc pas effectuer ce changement uniquement pour empêcher les déclenchements au démarrage d’un appareil.

Peut-on remplacer un B16 par un C16 ?

Même principe.

Un B16 et un C16 possèdent le même calibre nominal, mais pas la même courbe.

Le changement doit être justifié par les caractéristiques du circuit et de la charge.

Une protection qui déclenche n’est pas nécessairement mal choisie : le problème peut également provenir d’une surcharge, d’un défaut ou d’un appareil défectueux.

Quelle courbe pour les prises électriques ?

Dans les installations domestiques courantes, les circuits de prises sont généralement protégés par des disjoncteurs courbe C.

On rencontre par exemple :

C16

ou

C20

selon la section des conducteurs et la conception du circuit.

Legrand classe explicitement les prises parmi les usages courants de la courbe C.

Quelle courbe pour l’éclairage ?

La courbe C est également très couramment utilisée pour les circuits d’éclairage domestiques.

Cependant, certaines installations particulières, notamment certains systèmes d’éclairage avec des courants d’appel spécifiques, peuvent nécessiter une analyse différente.

Le choix doit alors prendre en compte les caractéristiques des alimentations et luminaires.

Quelle courbe pour un lave-linge, un four ou un lave-vaisselle ?

Pour les circuits spécialisés domestiques usuels, la courbe C est généralement utilisée.

Cela concerne notamment de nombreux circuits alimentant :

lave-linge ;

lave-vaisselle ;

four ;

chauffe-eau ;

appareils électroménagers courants.

Encore une fois, la courbe et le calibre sont deux choix distincts.

Un four peut par exemple être protégé par un disjoncteur C20 sur un circuit adapté, tandis que la section des conducteurs et le calibre doivent respecter les prescriptions du circuit.

Quelle courbe pour une pompe à chaleur ?

Une pompe à chaleur peut présenter un courant de démarrage important, notamment selon la technologie de son compresseur.

Dans certains cas, le fabricant peut prévoir une protection présentant une courbe particulière.

Legrand cite la pompe à chaleur parmi les exemples d’équipements pouvant présenter une pointe de démarrage pour laquelle une courbe D peut être pertinente.

Cela ne signifie toutefois pas que toutes les pompes à chaleur doivent être protégées par un disjoncteur courbe D.

La notice du fabricant et l’étude du circuit doivent être respectées.

Quelle courbe pour un moteur électrique ?

Les moteurs constituent l’un des usages classiques pouvant justifier l’emploi d’une courbe permettant un courant d’appel important.

Selon :

la puissance du moteur ;

son type ;

son système de démarrage ;

son courant d’appel ;

le réseau électrique ;

une courbe D ou une protection moteur spécifique peut être nécessaire.

Pour les moteurs professionnels ou industriels, le dimensionnement ne doit pas être effectué uniquement à partir d’un tableau simplifié B/C/D.

Tableau comparatif des courbes B, C et D

CourbeSeuil magnétique indicatifUsage typique

B3 à 5 × InCharges avec faible courant d’appel, applications spécifiques

C5 à 10 × InUsage courant, logement, prises, éclairage, électroménager

D≈ 10 à 14 × In ou davantage selon norme/appareilMoteurs et équipements avec fort courant de démarrage

Les plages précises peuvent dépendre des normes et des caractéristiques du matériel utilisé.

Comment choisir entre B, C et D ?

Le choix doit tenir compte de plusieurs paramètres :

type d’appareil alimenté ;

courant nominal ;

courant d’appel au démarrage ;

section et longueur des conducteurs ;

caractéristiques du réseau ;

courant de court-circuit disponible ;

pouvoir de coupure du disjoncteur ;

prescriptions du fabricant ;

règles applicables à l’installation.

Pour un circuit domestique classique, la courbe C reste généralement le choix le plus courant.

Pour une charge présentant un comportement particulier, le choix doit être étudié plus précisément.

Courbe et pouvoir de coupure : ne pas confondre

La courbe B, C ou D ne doit pas être confondue avec le pouvoir de coupure du disjoncteur.

Un appareil peut par exemple être indiqué :

C20 – 4,5 kA

ou

C20 – 6 kA

La lettre C indique la courbe.

20A indique le courant nominal.

4,5 kA ou 6 kA indique une caractéristique de pouvoir de coupure selon la norme applicable.

Ce sont donc des informations différentes, toutes importantes dans le choix du matériel.

Courbe et interrupteur différentiel : ne pas confondre

Les mentions B, C ou D utilisées ici concernent les courbes de déclenchement des disjoncteurs.

Il ne faut pas les confondre avec les types de dispositifs différentiels comme :

type AC

type A

type F

ou d’autres types selon les applications.

Par exemple :

C20 → courbe C d’un disjoncteur 20A.

Interrupteur différentiel 63A 30 mA type A → type de protection différentielle.

Ce ne sont pas les mêmes caractéristiques.

Pourquoi mon disjoncteur courbe C saute au démarrage ?

Si un disjoncteur courbe C déclenche au démarrage d’une machine ou d’un moteur, plusieurs causes sont possibles :

courant de démarrage très important ;

appareil défectueux ;

calibre inadapté ;

court-circuit ;

problème de câblage ;

protection mal dimensionnée.

Il ne faut pas conclure immédiatement qu’il faut passer en courbe D.

La cause du déclenchement doit d’abord être identifiée.

Les erreurs à éviter

Certaines erreurs sont fréquentes lors du choix d’une courbe de disjoncteur.

Choisir une courbe D simplement pour éviter les déclenchements.

Confondre courbe et calibre.

Augmenter simultanément le calibre et la courbe sans vérifier la ligne.

Choisir uniquement en fonction de la puissance de l’appareil.

Ignorer les recommandations du fabricant de l’équipement.

Oublier de vérifier les conditions de déclenchement en cas de court-circuit.

Le disjoncteur ne doit pas être choisi uniquement pour que « ça ne saute plus » : sa fonction première est de protéger correctement le circuit.

En résumé : courbe B, C ou D ?

Pour retenir simplement :

Courbe B

Déclenchement magnétique relativement sensible. Utilisée dans certaines applications avec faibles courants d’appel.

Courbe C

La plus courante en résidentiel. Adaptée à la majorité des circuits domestiques : éclairage, prises et nombreux appareils électroménagers.

Courbe D

Tolère des appels de courant plus importants et peut être utilisée pour certaines charges comme des moteurs, pompes ou machines présentant un fort courant au démarrage.

Le choix ne dépend donc pas uniquement du calibre 10A, 16A, 20A ou 32A. Il faut également tenir compte des caractéristiques de la charge, du circuit et du réseau.

⚠️ Important : sécurité électrique

Toute intervention ou modification dans un tableau électrique présente des risques d’électrisation, d’électrocution, de court-circuit, d’arc électrique et d’incendie.

Ne remplacez pas arbitrairement un disjoncteur courbe B ou C par une courbe D dans le seul but d’éviter un déclenchement. Le choix de la courbe doit rester compatible avec les caractéristiques du circuit et les conditions de protection contre les courts-circuits.

Respectez les prescriptions applicables, notamment celles de la NF C 15-100, ainsi que les notices et recommandations des fabricants.

Les informations présentées dans cet article ont une vocation informative et ne remplacent pas une étude de l’installation. En cas de doute ou pour une charge présentant un fort courant de démarrage, faites appel à un électricien qualifié.