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Comment répartir les disjoncteurs dans un tableau électrique ?

Comment répartir les disjoncteurs dans un tableau électrique ?

Bien répartir les disjoncteurs dans un tableau électrique ne consiste pas simplement à les placer les uns à côté des autres.

Il faut organiser les différents circuits sous les interrupteurs différentiels, choisir les protections adaptées et éviter qu’un défaut ne coupe inutilement une grande partie du logement.

Éclairage, prises, four, plaques de cuisson, lave-linge, chauffe-eau, VMC… chaque circuit doit disposer d’une protection adaptée et être intégré de manière cohérente au tableau.

Voici les principaux éléments à connaître pour comprendre comment répartir les disjoncteurs dans un tableau électrique.

Quel est le rôle des disjoncteurs dans un tableau électrique ?

Le disjoncteur divisionnaire protège un circuit contre les surintensités, notamment les surcharges et les courts-circuits.

Chaque circuit possède donc son propre disjoncteur.

On rencontre couramment dans un logement des disjoncteurs de différents calibres, par exemple :

CircuitCalibre couramment rencontré*

VMC2A

Éclairage10A ou 16A

Prises de courant16A ou 20A

Lave-linge20A

Lave-vaisselle20A

Four20A

Chauffe-eau20A

Plaques de cuisson32A

*Ces valeurs ne doivent pas être utilisées seules pour dimensionner une installation. Le calibre dépend notamment de la section des conducteurs, du circuit concerné et des prescriptions applicables.

Pourquoi les disjoncteurs sont-ils placés derrière des interrupteurs différentiels ?

Dans un tableau électrique résidentiel, les disjoncteurs divisionnaires sont généralement regroupés sous des interrupteurs différentiels 30 mA.

Les deux appareils ont des fonctions différentes.

Le disjoncteur protège principalement le circuit contre les surcharges et les courts-circuits.

L’interrupteur différentiel détecte les courants de fuite et assure une protection complémentaire des personnes contre les risques électriques.

L'organisation d'une rangée peut donc prendre cette forme :

Interrupteur différentiel 30 mA

↓

Disjoncteur éclairage

Disjoncteur prises

Disjoncteur four

Disjoncteur lave-vaisselle

Disjoncteur VMC

Chaque disjoncteur protège son circuit, tandis que l’interrupteur différentiel protège le groupe de circuits situé en aval.

Combien de disjoncteurs peut-on placer sous un interrupteur différentiel ?

Pour les installations résidentielles concernées par la NF C 15-100, un interrupteur différentiel protège au maximum 8 circuits.

En pratique, cela correspond généralement à un maximum de 8 disjoncteurs divisionnaires lorsque chaque disjoncteur protège un circuit.

Cette limite s'applique aussi bien à un interrupteur différentiel 40A qu'à un modèle 63A.

Un interrupteur différentiel 63A ne permet donc pas, simplement parce qu'il possède un calibre supérieur, de placer davantage de circuits derrière lui.

Faut-il remplir chaque interrupteur différentiel avec 8 disjoncteurs ?

Non.

8 circuits constituent une limite maximale et non un objectif.

Il peut être judicieux de répartir les circuits sur plusieurs protections différentielles même lorsqu'il serait techniquement possible d'en placer davantage sous une seule.

Par exemple :

Interrupteur différentielNombre de circuits

Différentiel n°15

Différentiel n°26

Différentiel n°35

Une telle organisation peut faciliter la lecture du tableau, conserver de la réserve et limiter les conséquences d'un déclenchement.

Répartir les circuits d’éclairage

Un point important consiste à ne pas concentrer inutilement tous les circuits d'éclairage sous le même interrupteur différentiel.

Imaginez une habitation comportant trois circuits d’éclairage.

Si les trois sont placés derrière le même différentiel et que celui-ci déclenche, une grande partie, voire la totalité de l’éclairage du logement peut disparaître simultanément.

Une organisation plus pertinente peut être :

Différentiel n°1 → éclairage séjour et cuisine

Différentiel n°2 → éclairage chambres

Différentiel n°3 → éclairage extérieur ou dépendances

La répartition exacte dépend évidemment de l'installation.

L'objectif est d'éviter qu'un défaut unique ne prive inutilement tout le logement d'éclairage.

Même principe pour les prises de courant

Les circuits de prises peuvent également être répartis entre plusieurs interrupteurs différentiels.

Par exemple, au lieu de regrouper toutes les prises sous une seule protection, on peut répartir :

Différentiel n°1 → prises séjour

Différentiel n°2 → prises chambres

Différentiel n°3 → prises cuisine

Cette organisation améliore la continuité d'utilisation de l'installation lorsqu'une protection différentielle déclenche.

Répartir les gros appareils électroménagers

Certains appareils disposent de circuits spécialisés.

C'est notamment le cas, selon l'installation, des :

plaques de cuisson ;

lave-linge ;

lave-vaisselle ;

four ;

chauffe-eau ;

appareils de chauffage ;

équipements de recharge de véhicule électrique.

Il faut éviter de réfléchir uniquement en nombre de disjoncteurs.

Une rangée peut comporter seulement cinq ou six circuits et néanmoins représenter une charge potentielle importante.

Le calibre de l'interrupteur différentiel doit donc également être correctement dimensionné.

Interrupteur différentiel 40A ou 63A ?

C'est une question directement liée à la répartition des circuits.

Les indications 40A et 63A correspondent à l'intensité nominale de l'interrupteur différentiel.

Le dimensionnement peut notamment être effectué selon la règle de l'amont ou la règle de l'aval, conformément aux prescriptions applicables.

Avec la règle de l'amont, on vérifie notamment que le calibre de l'interrupteur différentiel est compatible avec le courant maximal pouvant être fourni par le dispositif de protection situé en amont.

Avec la règle de l'aval, on tient compte des calibres des disjoncteurs placés derrière l'interrupteur différentiel et des coefficients applicables aux différents types de circuits.

Il ne suffit donc pas de compter les disjoncteurs.

6 disjoncteurs ne signifient pas automatiquement qu'un différentiel 40A convient.

Comment appliquer la règle de l’aval ?

Pour le dimensionnement d'un interrupteur différentiel dans une installation résidentielle, on tient notamment compte des circuits situés en aval.

Le principe couramment appliqué consiste à comptabiliser :

100 % du calibre des circuits de chauffage électrique, chauffe-eau et recharge de véhicule électrique ;

et

50 % du calibre des autres circuits.

Le résultat doit être compatible avec l'intensité nominale de l'interrupteur différentiel.

Exemple de répartition

Prenons :

éclairage : 16A ;

prises séjour : 20A ;

prises chambres : 20A ;

four : 20A ;

lave-vaisselle : 20A.

Dans cet exemple, si ces circuits relèvent tous du coefficient 0,5 :

(16 + 20 + 20 + 20 + 20) × 0,5 = 48A

Un interrupteur différentiel 40A ne conviendrait donc pas selon cette méthode de calcul.

Il faudrait revoir le dimensionnement ou la répartition, par exemple en utilisant un interrupteur différentiel adapté ou en déplaçant certains circuits vers un autre groupe.

Cet exemple montre pourquoi la répartition ne doit jamais être effectuée uniquement en fonction de l'espace disponible dans le tableau.

Type A ou type AC : comment répartir les circuits ?

Tous les circuits ne doivent pas nécessairement être placés sous le même type d'interrupteur différentiel.

Le type A est prévu pour détecter, en plus des défauts couverts par le type AC, certaines composantes continues pulsées. Il est notamment requis pour certains circuits comportant des équipements susceptibles de générer ce type de défaut.

Le type AC est utilisé pour les circuits correspondant à son domaine d'application.

Lors de la répartition, il faut donc vérifier quels circuits nécessitent un type A et lesquels peuvent être placés sous un type AC, conformément aux prescriptions applicables.

Le choix du type est indépendant du choix entre 40A et 63A.

On peut ainsi rencontrer :

40A 30mA type AC

63A 30mA type AC

40A 30mA type A

63A 30mA type A

Exemple simple de répartition d’un tableau électrique

Prenons un exemple pédagogique comportant trois groupes de circuits.

Interrupteur différentiel n°1 – 30 mA type A

plaques de cuisson – 32A ;

lave-linge – 20A ;

prises cuisine – 20A ;

éclairage cuisine – 16A.

Interrupteur différentiel n°2 – 30 mA

prises séjour – 20A ;

prises chambres – 20A ;

éclairage séjour – 16A ;

VMC – 2A.

Interrupteur différentiel n°3 – 30 mA

four – 20A ;

lave-vaisselle – 20A ;

chauffe-eau – 20A ;

éclairage chambres – 16A.

Cette répartition n'est qu'un exemple pédagogique. Le choix réel des types et calibres des protections doit être effectué en fonction des caractéristiques précises de l'installation et des prescriptions applicables.

Faut-il mettre tous les appareils puissants sur la même rangée ?

Ce n'est généralement pas la meilleure logique.

Regrouper les principaux consommateurs derrière un seul interrupteur différentiel peut compliquer son dimensionnement et augmenter les conséquences d'un déclenchement.

Il est souvent préférable de rechercher une répartition équilibrée et cohérente entre les différentes protections différentielles.

Cela permet également de mieux répartir les circuits d'éclairage, les prises et les circuits spécialisés.

L’ordre des disjoncteurs est-il important ?

L'organisation visuelle du tableau est importante pour sa compréhension et sa maintenance.

Une pratique courante consiste à placer l'interrupteur différentiel en début de groupe puis les disjoncteurs correspondants à sa suite.

Par exemple :

Interrupteur différentiel → éclairage → prises → circuits spécialisés

L'ordre précis dépend du tableau et du système de répartition utilisé.

L'essentiel est que l'installation soit clairement identifiée, correctement raccordée et que chaque circuit puisse être facilement reconnu.

L'utilisation d'étiquettes ou d'un repérage précis est particulièrement recommandée.

Évitez les mentions trop vagues comme « prises 1 » ou « lumière 2 » lorsqu'une désignation plus précise est possible.

Préférez par exemple :

Prises séjour

Éclairage chambres

Four

Lave-vaisselle

Chauffe-eau

Faut-il laisser de la place libre dans le tableau ?

Prévoir une réserve disponible est une bonne pratique et peut également répondre aux prescriptions applicables selon le contexte de l'installation.

Cette réserve permet d'ajouter ultérieurement un circuit sans devoir remplacer immédiatement le tableau.

Cela peut être utile pour l'installation future :

d'une climatisation ;

d'une pompe à chaleur ;

d'un portail électrique ;

d'un équipement extérieur ;

d'une borne de recharge ;

de nouveaux circuits spécialisés.

Un tableau dimensionné uniquement pour les besoins immédiats peut rapidement devenir trop petit.

Les erreurs à éviter

Plusieurs erreurs sont fréquentes lors de l'organisation d'un tableau électrique.

Mettre trop de circuits derrière un seul différentiel : la limite applicable doit être respectée.

Choisir 40A ou 63A uniquement en fonction du prix : le calibre doit être dimensionné selon l'installation.

Regrouper tous les éclairages ensemble : un déclenchement peut alors plonger une grande partie du logement dans le noir.

Oublier le type de différentiel : certains circuits nécessitent une protection différentielle adaptée.

Confondre calibre et sensibilité : 63A et 30mA ne représentent pas la même caractéristique.

Remplir totalement le tableau : conserver une capacité d'évolution facilite les modifications futures.

Tableau récapitulatif

Point à vérifierPrincipe

Circuits par interrupteur différentiel8 maximum dans le cadre résidentiel concerné

Sensibilité différentielleGénéralement 30 mA pour les protections concernées

Calibre40A, 63A… selon dimensionnement

TypeA, AC ou autre selon les circuits

ÉclairageÀ répartir judicieusement

PrisesÀ répartir entre les groupes lorsque pertinent

Circuits spécialisésProtection et répartition adaptées

RepérageChaque circuit doit être clairement identifiable

RéservePrévoir l'évolution future du tableau

En résumé : comment bien répartir ses disjoncteurs ?

Une bonne répartition des disjoncteurs consiste à trouver un équilibre entre sécurité, dimensionnement, continuité de service et lisibilité du tableau.

Il faut notamment retenir que :

un interrupteur différentiel ne doit pas protéger plus de 8 circuits dans le cadre résidentiel concerné ;

le calibre 40A ou 63A doit être correctement dimensionné ;

les circuits nécessitant un type A doivent être identifiés ;

les circuits d'éclairage et de prises doivent être répartis intelligemment entre les protections ;

et le tableau doit conserver une organisation claire ainsi qu'une capacité d'évolution suffisante.

La répartition idéale dépend donc toujours des caractéristiques réelles de l'installation. Deux logements possédant le même nombre de circuits peuvent nécessiter des tableaux organisés différemment.

⚠️ Important : sécurité électrique

Toute intervention sur un tableau électrique présente des risques d’électrisation, d’électrocution et d’incendie. Avant toute intervention, assurez-vous que l’installation est mise en sécurité et respectez les prescriptions et réglementations applicables, notamment celles de la NF C 15-100, ainsi que les notices et recommandations des fabricants.

Les informations présentées dans cet article ont une vocation informative et ne remplacent pas l’intervention d’un professionnel. En cas de doute ou lorsque la nature des travaux l’exige, faites appel à un électricien qualifié.